Jeudi 10 mars 2011
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Partie de rien, ou de pas grand-chose, un peu à l’image de Sandrine BONNAIRE, Sylvie TESTUD s’est progressivement
fait connaître grâce au cinéma d’auteur et les prix qu’elle a reçu lui ont irrémédiablement ouvert les portes des magazines élitistes du cinéma et de la télévision.
Mademoiselle TESTUD a progressivement rejoint la grande famille des intermittents du spectacle assurés de pouvoir
habiter dans un de ces quartiers de Paris où l’épicier arabe est forcément un « pote » et où la voisine du dessus est forcément une jeune créatrice de mode, un architecte branché ou un
médecin homéopathe.
Son talent étant désormais reconnu au théâtre et au cinéma, la jeune bourgeoise bohème a franchi le pas en
publiant il y a quelques années son premier roman, ceci le temps d’inviter un jour la presse à sa première exposition de tableaux ou de photos, son
premier reportage sur des femmes du tiers monde, ou que sais-je encore ?
Invitée récemment dans l’émission de Laurent RUQUIER, "on n'est pas coûché", la jeune femme a été sur le
point de réaliser que son dernier roman, elle l’avait surtout écrit pour ses copines, petites bourgeoises bohèmes, persuadées comme elle, d’être des femmes comme les autres parce qu’elles
tutoient la concierge de l’immeuble ou boivent un verre dans un de ces bars où se mêlent des artistes smicards et des fils d’enseignants, étudiants à la Sorbonne.
Selon elle, son roman a au moins le mérite d’être drôle et, d’ailleurs, une de ses dernières découvertes, c’est
que des compagnies d’assurances proposeraient une sorte de mutuelle pour les animaux. Du coup, l’héroïne de son dernier roman travaille dans une de ces compagnies.
Le fait qu’il puisse exister une « sécurité sociale » pour les animaux amuse mais aussi évidement
scandalise la demoiselle, qui juge utile de nous préciser que les êtres humains ne bénéficient pas tous d’une couverture sociale.
Faut-il rappeler à cette intellectuelle, abonnée de Marie-Claire et de Télérama, que cela fait au moins une
cinquantaine d’années que des particuliers, toutes classes sociales confondues, consacrent une large partie de leur budget à leurs animaux de compagnie ?
Aliments pour animaux, vêtements et accessoires pour animaux, coiffeurs et taxis pour animaux, concours de beauté
et médecins spécialisés (plus connus sous le nom de « vétérinaires ») : la société de consommation n’a pas attendu Mademoiselle TESTUD
pour s’apercevoir que l’animal de compagnie constituait un marché.
Et oui, Mademoiselle TESTUD, il existe des salons de toilettage pour caniches en France et aucun salon de coiffure
branché, digne de ce nom, dans certaines tribus.
Je ne vous demanderai pas, Mademoiselle TESTUD, combien vous gagner par mois, quel est le prix moyen de vos
vêtements et si vous avez déjà mis les pieds dans un grand restaurant ?
J’attirerai toutefois votre attention sur ce que coûtent les soins d’un animal chez un vétérinaire. Si certains
peuvent faire facilement face à ces dépenses, d’autres doivent se saigner aux quatre veines ! Alors pourquoi pas un système d’assurance ?
Pour votre prochain roman, je vous suggère de vous intéresser à l’industrie du luxe. Ce sera l’occasion pour vous
de découvrir que des sociétés pré-vendent des séjours de quelques minutes dans l’espace alors que certains n’ont pas de quoi se payer un vélo.
Si cela vous plait d’enfoncer des portes ouvertes, n’hésitez pas à me contacter, j'ai d'autres thèmes à vous
proposer.
En attendant, je vous laisse méditer ce « sujet de philosophie » qui vous permettra peut-être de réussir
un jour votre certificat d’études : pourquoi certaines personnes âgées et certains S.D.F. sont bêtement attachés à leur animal de compagnie ?